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Comment demander le pied d’un cheval

Mon frère Emery qui apprend à demander respectueusement le pied d’un cheval.
C’est un apprentissage qui demande beaucoup de patience du côté humain : Emery en a heureusement à revendre. Il a ensuite pu essayer avec succès cette technique sur Bandito, qui refusait de donner ses pieds et pouvait réagir violemment à une demande trop brusque (surtout si la demande était masculine). Bandito avait appris avec moi les différentes étapes pour donner le pied, mais rien n’était encore acquis, tant son mental était instable.

Avant d’attaquer le cœur du problème, qui est la bonne santé du pied du cheval, il s’agit de préparer le terrain nécessaire à toute observation : prendre le pied d’un cheval.
Facile, me direz-vous !
« Je glisse ma main le long du membre, je descends jusqu’au boulet et le cheval me donne son pied. S’il ne le fait pas, je le déséquilibre avec mon épaule pour qu’il lève le pied et je le saisis dès que possible. Je le tiens jusqu’à ce que j’aie fini, même si le cheval se débat.« 
C’est effectivement la méthode enseignée dans tous les clubs, dans toutes les écuries.

Mais cette méthode ne prend pas en compte le consentement du cheval : on fait une demande légère puis on insiste jusqu’à ce qu’il dise oui. Pour un cheval comme Bandito, qui est très anxieux et ressent le besoin de pouvoir fuir à chaque instant, demander le pied de cette façon revient à l’entraver et le priver de son moyen de défense primaire, la fuite. A chaque demande de pied il perd un peu plus confiance, et ce d’autant plus si un événement inquiétant (à ses yeux) se déroule pendant qu’on lui tient le pied.
Pour d’autres chevaux, la prise d’un pied et le report de poids qui en découle peut générer des douleurs (musculaires, articulaires, ligamentaires…) et le cheval va alors refuser de plus en plus de donner son pied ou de le laisser dans notre main.
Il est donc primordial de demander le pied d’une manière respectueuse des besoins du cheval à cet instant. Et pour s’en assurer, rien de mieux que de demander la permission avant de prendre un pied…

Pour voir les différentes étapes de l’apprentissage côté cheval, je vous renvoie à cette vidéo d’Elsa Sinclair :
https://youtu.be/VxFWBVJ_YA0 (vidéo anglophone, mais Youtube propose une traduction automatique et les images parlent déjà d’elles-mêmes)

Pour être cohérent avec le respect du consentement du cheval, l’apprentissage doit être réalisé en toute liberté et selon les principes d’apprentissage classiques (conditionnement opérant, incrémentation progressive, niveaux de stress bas), qu’on retrouve dans le travail en isopraxie.
Le but est d’arrêter une demande avant que le cheval ne montre un signe d’inconfort, au « meilleur moment possible ». Il faut donc être particulièrement à l’écoute d’une quelconque gêne ou au contraire des bons moments (changement de point de focus, réflexion) que le cheval pourrait avoir avant de passer à l’étape suivante.

Pour l’apprentissage d’un humain sur un cheval qui sait déjà exprimer son refus poliment, le travail est assez simple :
Il s’agit de suivre progressivement les étapes de la vidéo précédente, en faisant une pause pour respirer à chaque fois qu’une étape est validée. Accepter que, même si le cheval « sait faire », il n’a peut-être pas envie pour diverses raisons (douleurs, envie de se déplacer, inquiétude, besoin de conserver sa possibilité de fuite) ; accepter qu’il faudra être patient.

Avant chaque demande, je rajoute un contact nez-main (je tends ma main et j’attends que le cheval la touche avec son nez) pour valider que le cheval est d’accord pour que je vienne le toucher et travailler autour de lui.
C’est un code que j’ai choisi et que mes chevaux connaissent comme étant un moyen de me dire « ok » si je le demande, ou si eux me demandent un contact nez-main, c’est pour me dire « on arrête s’il-te-plaît ? ».

L’apprentissage de la prise de pied est fondamental pour la confiance mutuelle qui se construira entre votre cheval et vous, ainsi que sa confiance dans son environnement. La prise de pied est dépendante de la stabilité mentale, de l’humeur et de cette confiance : si c’est bien demandé, c’est un véritable marqueur de bon travail. A nous de faire en sorte que nos chevaux acceptent pleinement de nous donner leurs pieds. A nous de faire en sorte également que les différents intervenants touchant aux pieds de nos chevaux respectent également leur consentement.


A quoi ressemble un pied parfait ?

En image : un dessin de pied théorique provenant d’un document par Guillaume Parisot, une photo d’un pied après parage par un DAEP et un poster de différents pieds qu’on peut retrouver chez nos chevaux.

Maintenant qu’on sait prendre un pied poliment, regardons un peu ce qui se cache en dessous
Spoiler : le pied parfait n’existe pas !
Il existe un pied théorique, qu’on cherche à obtenir et qui est le reflet de structures internes saines (non pathologiques, bien conformées, etc). Mais ce pied théorique ne correspondra jamais à la réalité de votre cheval, pour la simple et bonne raison que votre cheval n’est pas parfait ! (Non, même si vous l’aimez d’amour, il n’est pas parfait 😉)

Je ne vais pas m’épancher sur l’anatomie externe et interne du pied, il existe de très bonnes ressources disponibles comme le site de PEL, les dissections de la page The study of the equine hoof ou de manière plus générale, les conseils bienveillants et avisés du groupe Podologie entre pieds nus CONVAINCUS.
Je vais plutôt me concentrer sur ce qui est nécessaire de mettre en place pour obtenir un pied sain, au plus proche de ce pied parfait.

Bien évidemment, un bon entretien du pied est nécessaire à sa bonne santé.

L’entretien quotidien (ou régulier) comprend curage, brossage, retrait des petits cailloux des lacunes et de la ligne blanche, désinfection si besoin… et c’est tout !

Exit les graisses, huiles, goudrons et autres produits vendus une petite fortune. Outre leur inutilité démontrée, leur application comporte un risque lié à l’hydrophobie du produit, qui enferme le microbiote du pied (si si, des bactéries vivent sur les pieds et c’est bon pour eux !) dans un milieu anaérobie et peut le déséquilibre (une souche se multiplie plus que les autres, trop faibles pour la réguler), ce qui favorise les infections.

L’entretien comprend aussi l’entretien régulier d’un bon pareur. J’insiste sur le bon : on voit de tout et de rien dans ce milieu, il est donc essentiel de savoir évaluer soi-même l’état des pieds de son cheval et d’avoir des connaissances de base en parage pour pouvoir évaluer ensuite le travail de votre professionnel.
Un moyen rapide et peu coûteux d’évaluer les compétences d’un professionnel du pied est de lui poser quelques questions pour évaluer sa curiosité (s’il est maréchal, comment aborde-t-il le pied nu ? S’il est podologue, comment voit-il les fers en plastique, les hipposandales ?) et ses connaissances transversales (que connait-il sur l’impact de l’alimentation ? Que peut-il dire sur les différentes disciplines et leur impact sur le pied ? Est-il en contact avec un ou des vétérinaire.s pour les cas pathologiques ?).
Autrement, user et abuser du bouche à oreille pour choisir un professionnel puis ne se fier qu’au ressenti de votre cheval : est-il bien ou boiteux ? Son pied semble-t-il sain ? Est-il confiant quand le professionnel arrive vers lui ou est-il agité, cherche à fuir, « pèse lourd » dans sa main ?

L’alimentation est primordiale pour le développement d’un bon pied.

Tous les phanères sont un lieu de stockage de tout ce que vous et votre cheval avez ingéré. Ainsi, vos cheveux gardent en mémoire les médicaments que vous avez pu prendre, les crins des chevaux peuvent brosser un tableau de l’alimentation fournie les derniers mois, leurs sabots quant à eux forment des lignes horizontales à chaque changement brusque d’alimentation.

Plusieurs éléments sont importants à prendre en compte dans le régime alimentaire du cheval, qui seront développés dans un article spécifique, mais ce qui est le plus important à mes yeux dans les soins du pied, ce sont les aliments pro-inflammatoires. Ils sont nombreux dans le commerce et doivent être évincés de nos mangeoires.

Ne soyez dons pas surpris si le prochain professionnel du pied que vous appelez vous pose la question du régime alimentaire de votre cheval : c’est juste une preuve de plus qu’il a plus de compétences qu’un simple maniement de râpe ! 😉 (Il ne remplace cependant pas un vétérinaire ni un nutritionniste dans l’évaluation de l’alimentation de votre cheval.)

Le milieu de vie impactera aussi très largement sur la qualité du pied de votre cheval.

Un sol dur et sec (bitume par ex) permettra de « râper » naturellement la paroi et la sole périphérique, ce qui stimule leur repousse. A l’inverse, un sol humide (pré boueux ou box mal entretenu par ex) favorise les pourritures de fourchettes et diverses infections. Si votre cheval est pied nu, son milieu de vie impactera ses aptitudes sportives : il lui sera plus difficile de courir une endurance sur un terrain très sec et abrasif s’il vit à l’année dans un pré herbé au sol mou… Il faudra alors évaluer l’intérêt d’ajouter un outil supplémentaire au pied pour l’aider dans ses efforts.

L’outil posé (ou non) sur le pied est un autre facteur à prendre en compte.

Un fer en métal ne stimule pas la pousse du pied, ce dernier va donc, selon le parage pratiqué, progressivement et sur du long terme, se refermer et s’atrophier.
Un fer en plastique (comme les EasyCare) va permettre au pied de se déformer plus qu’avec des fers en métal, ce qui permet d’entretenir une certaine stimulation du pied.
Une hipposandale, de par son caractère transitoire, a un effet transitoire également et l’impact qu’elle peut avoir sur le pied dépend de son utilisation.
Un chausson ou une semelle en résine (comme les Perfect Hoof Wear et le Hoof Armor) va permettre une stimulation optimale du pied tout en le protégeant d’un usage supérieur à ses capacités actuelles (transition pieds nus, endurance sur sol abrasif, etc).


Fers, hipposandales, pieds nus… Débriefing du pourquoi et comment

Parallèle entre un fer en acier et une chaussure de sécurité
Images : Fer (Pixabay) ; Chaussure Uvex
Parallèle entre une résine Perfect Hoof Wear et une chaussure minimaliste Skinners.
Images : Résine PHW (KC Lapierre) ; Chaussure Skinners.

Pourquoi est-ce que tant de propriétaires s’échinent à vouloir passer leurs chevaux pieds nus alors qu’ils ont toujours vécu fers au pieds ? Pourquoi est-ce que même des cavaliers de concours comme Julien Epaillard s’y mettent aussi ? Pourquoi est-ce qu’on se donne tout ce mal ?

La réponse est simple : achetez une paire de chaussures de sécurité basiques, enfilez-les, faites quelques pas avec pour bien ressentir comment vivre avec du fer aux pieds… Et maintenant, imaginez une vie avec ces mêmes chaussures H24, où vous les retirez une fois toutes les 6 semaines seulement pour vous couper les ongles.
Je crois que l’image est assez parlante… (et si ce n’est pas le cas, courez dans un magasin de bricolage pour faire le test 😉)

Le pied du cheval est une structure vivante.
Ce n’est pas « juste » un ongle ou un bout de corne : c’est un organe du cheval, qui a pour fonctions d’absorber les chocs mécaniques lors d’un déplacement locomoteur, d’assurer le retour veineux du membre, de porter un quart au moins du poids du cheval (et parfois jusqu’à 4 fois son poids total, à la réception d’un obstacle par exemple), d’assurer la proprioception du membre correspondant…Il est donc raisonnable de chercher un outil adapté à ce pied vivant et sensible, et à l’activité qu’il pratique.

Il y a quelques milliers d’années, l’activité pratiquée était principalement sur des courts trajets, en traction : la protection apposée aux sabots si besoin était une semelle de cuir attachée par une lanière, l’ancêtre de l’hipposandale. Puis sont arrivées les routes pavées, les villes et les chevaux ont servi à effectuer des longs trajets à des fins de communication et de combat. Le sabot et la semelle de cuir s’usant trop vite sur ces routes (on parle de centaines de kilomètres effectués), on a cherché un nouveau mode de protection et le fer est alors né (si on voulait être précis, il manquerait pas mal d’étapes dont l’hipposandale en fer, mais vous avez le gros de l’idée 😉).

Aujourd’hui, nos chevaux ne sont plus des outils destinés à assurer des liaisons postales entre deux villes espacées de plusieurs dizaines de km. Ils parcourent, au mieux, 160 km en une journée d’endurance, mais pour la plupart ce sont à peine quelques kilomètres par semaine sur des chemins en terre, des carrières en sable ou du bitume, sols autrement moins abrasifs que les routes pavées d’autrefois.
On a aussi, grâce à nos formidables scientifiques du monde entier, pu déterminer l’impact réel de la ferrure sur la santé du pied du cheval : développement anormal de la troisième phalange en cas de ferrage précoce, enfermement du pied, changement de l’angle en pince, impact articulaire et tendineux du membre… Bref, sous couvert de protection, on serait bien loin de ne faire que du bien à nos chevaux(*).

Mais du coup, quelles alternatives au fer ?

Tout d’abord il faut distinguer les matériaux des fers : l’acier est solide, non malléable, non déformable ; l’aluminium est solide et non malléable, mais un peu plus déformable ; le plastique est solide, peu malléable et déformable. On peut donc commencer par transitionner d’un fer en acier vers un fer plus « souple », en plastique. On peut comparer cette transition à un passage de la chaussure de sécurité à des tennis, mais on continue de les porter pendant 6 semaines et on les retire juste pour se couper les ongles… Le surcoût de cette transition est vite absorbé par la baisse des coûts vétérinaires liés aux pathologies du pied. 😉

Ensuite, on peut choisir d’aller « jusqu’au bout » et de faire une transition pieds nus. Pour s’aider, on peut faire appel à deux types d’outils : les résines et les hipposandales.

Les chaussons en résine sont des bandes (souples quand on les pose, dures après) aux propriétés mécaniques au plus proche du pied. Les semelles de résine se présentent sous la forme d’un liquide à appliquer en couche mince sur les zone à protéger, qui durcissent au contact de l’air.
Elles se posent après un nettoyage approfondi et une désinfection du pied, et permettent de constituer une couche protectrice supplémentaire sur un pied un peu faible. Leur défaut majeur est leur durée de vie : entre 4 et 6 semaines en utilisation « loisir » (le cheval se déplace peu), une quarantaine de kilomètres en utilisation intensive sur une course d’endurance.

Les hipposandales sont aussi nombreuses que les tapis dans la sellerie d’une cavalière de 15 ans. 😉 C’est un peu difficile de s’y retrouver, il ne faut donc pas hésiter à demander l’avis d’un podologue et/ou maréchal compétent sur le sujet. Autrement, des kits pour essayer les tailles et les modèles sont disponibles dans certaines boutiques.
Elles se posent lors d’un effort supérieur à ce que le pied est capable d’absorber (endurance longue sur terrains abrasifs par ex). Leur investissement est rentable sur le long terme puisqu’elles peuvent pour la plupart tenir plusieurs centaines de kilomètres (selon votre travail, ça fait 6 mois à 2 ans d’utilisation en moyenne).

La transition pieds nus pour le cheval peut s’apparenter à une transition pieds nus pour l’humain, à ceci près qu’elle est souvent plus rapide… chez le cheval !
Eh oui, on estime qu’un an est nécessaire (temps de la repousse intégrale du sabot) pour que le pied redevienne sain après un déferrage. Tandis que chez l’humain, entre l’endurcissement de la peau, la remusculation, les étirements et tout le tintouin postural, ça prend plutôt entre 1 et 3 ans, si ce n’est plus…

Pour l’humain, on a inventé des outils géniaux, les chaussures minimalistes, qui permettent de faciliter cette transition et de la réaliser graduellement. Le parallèle est vraiment efficace entre les outils chaussés pour chevaux et ceux pour humains.
Il marche aussi sur les bénéfices que l’organisme retire de cette transition (meilleur retour veineux donc moins de pathologies vasculaires, meilleure posture donc moins de douleurs musculaires, meilleure biomécanique de la marche donc moins de pathologies tendineuses et articulaires…) si et seulement si (j’insiste !!) la transition est réalisée suffisamment progressivement pour que l’organisme s’adapte.

Chez l’humain, une transition trop abrupte peut provoquer des fractures de stress, chez le cheval des inflammations, abcès à répétition, boiteries… Prudence et patience sont donc les maîtres mots d’une transition pieds nus.


Et chez moi, comment ça se passe ?


Vous l’aurez compris, chez le Cheval qui Murmure, tout le monde est pieds nus ou presque !
Bashshar et Habibi ont toujours été pieds nus et ça ne risque pas de changer.
Mag a été déferrée sous ma surveillance lors de sa réhabilitation et s’en porte beaucoup mieux : on a transitionné d’une sole molle où on pouvait enfoncer notre doigt, à un pied presque sain qui passe partout. Le changement d’alimentation, d’habitat et la technique de fée de sa podologue lui ont assuré une transition en douceur, sous la confiance de sa propriétaire.

Pour moi-même, j’ai entamé la transition pieds nus il y a 3 ans maintenant. Je ne porte presque plus que des chaussures minimalistes. L’impact médical (orthopédique et postural) de cette transition a été impressionnant et particulièrement positif. C’est cette transition qui m’a vraiment fait comprendre l’impact de la ferrure sur le pied du cheval, tout comme l’impact de la chaussure sur le pied humain.
Le parallèle entre mon apprentissage de la marche et celui du cheval récemment déferré était trop important pour ne pas être reconnu…

Pour les chevaux sous contrat, que j’accueille temporairement donc, j’engage un dialogue avec le propriétaire sur les différents soins que je peux apporter. Souvent, comme une période à pied est obligatoire dans mon travail, on en profite pour amorcer une transition (vers une ferrure en plastique ou vers le pied nu) sans impacter les activités équestres du propriétaire.
Aucune obligation n’est faite, cependant je cherche à expliquer au mieux tous les bénéfices de la transition, pour qu’une décision rationnelle et éclairée soit prise par le propriétaire. Ce principe s’applique également aux embouchures et ennasures, à l’ajustement du matériel (selle et filet), à l’alimentation, à l’habitat, etc.

Mon objectif est d’assurer une prise en charge holistique optimale qui perdure lorsque le cheval rentre chez lui ensuite, pour en conserver tous les bénéfices : elle doit donc se faire avec l’implication complète du propriétaire, pendant et après le travail.


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